De ses origines périgourdines Bernadette Maille a gardé ses premières confrontations aux peintures rupestres, mais aussi ses premiers étonnements et interrogations sur la naissance
"de" et "à" l'humanité. Ces traces, comme premiers morceaux de culture, la poursuivent. Les ombres, les empreintes sur la terre, sur les parois, reconnues et identifiées ne sont-elles pas les
premiers accès à l'humain? Le trait sur une surface vierge, indistincte, confuse, n'est-il pas aussi un des premiers gestes d'humanité, séparant, différanciant, ordonnant...Le monde, et initiant le
geste de l'artiste? C'est dans ce retour à des modes d'expression premiers et universels que s'inscrit l'oeuvre de Bernadette Maille: travail sur le trait, la ligne, la trace, la représentation et
les effets "coupure" et "cicatrice". Très vite y est associé le fil, qu'elle incrustera dans la matière de ses tableaux. C'est avec le fil qu'elle trouve la ligne, son écriture, l'écriture...Ce
sont ainsi toutes les écritures qui sont interrogées, depuis les caractères cunéiformes des sumériens aux traces, coutures, autres lignes-écritures exprimées dans l'art contemporain, de Henri
Michaux à Pollock et Cy twombly. Mais avec le fil, se développe, se déploie le travail de culture et de représentation. Avec le fil, s'ouvre le travail de tissage, métaphore du lien, les
entrelacs, les noeuds, mais aussi, en contrepoint: l'effiloché, le déchiré, le déconstruit. Ses tableaux nommés "Racines", "Cicatrices", "Noeuds", présentant des formes épurées, s'inscrivent dans
cette approche. c'est encore autour de ces thèmes que Bernadette Mailleprésente aujourd'hui des installations. Si nous retrouvons les éléments de ses toiles (plâtre, fils, traces), ils se
déploient maintenant dans l'espace pour mieux faire participer le spectateur.
G.M.
blog Bernadette Maille:
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